Piscine Versailles
RÉSUMÉ
Autour de la piscine Versailles, oasis du rien à faire, les enfants semblent pousser entre les pissenlits et les balançoires rouillées. Du haut de sa chaise de sauveteuse, Amour protège du regard ces petites âmes venues profiter de ce camp de vacances gratos. Bercée par le vacarme réconfortant des jeunes et les rythmes multisyllabiques des rappeurs de la Rive-Sud, elle découvre le slam, une poésie de combat qui l’aidera à freiner le déferlement de ses idées et le bombardement des images de cette nuit qui a mal tourné. Tout sera permis pour effacer le réel – tatouage, course de chars –, tout, sauf l’amour, car comment désirer avec un corps qui n’est plus le sien ?
Julie Hétu signe un roman jeunesse d’une beauté brutale, où les mots et les graffitis s’inscrivent comme un rempart à la violence du quotidien.
Les grands thèmes du roman expliqués par Julie Hétu :
Le rap en 1993 sur la rive sud de Montréal
Faire un rap, inventer des rimes sur ce qui nous passait sous le nez, quand on s’ennuyait en 1990, assis sur le béton du Longueuil by the si peut-être que. Sur la rive sud de Montréal, où j’ai grandi, on freestylait nos poésies orales dans des battle, très proches du hip-hop, avec des beat qu’on improvisait avec les mots, mais aussi avec la bouche comme les b-boys/girls. Ces battle s’organisaient dans des apparts, des gymnases d’écoles secondaires et des parkings de centres commerciaux. C’est comme ça que j’ai commencé à partager ce que j’écrivais, que j’ai compris l’importance d’écrire.
ON EN PARLE
Julie Hétu explore la peine d’amitié, la réappropriation de soi
après un traumatisme et le pouvoir des mots pour s’extirper de la réalité.
Les Libraires
Les piscines publiques de Longueuil
En 1993, les piscines publiques à Longueuil étaient des camps de vacances gratos pour beaucoup d’enfants, quand leurs parents n’avaient pas les moyens de les inscrire dans un camp de jour. À cette époque, il n’y avait pas de règlement qui obligeait un enfant à être accompagné d’un adulte. J’ai utilisé les piscines comme baigneuse, puis à quinze ans je suis devenue sauveteuse. Y travailler c’était autre chose, on s’occupait carrément des enfants toute la journée. Certains n’avaient pas de nourriture, d’autres nous voyaient comme une infirmerie – ça m’est arrivé de devoir enlever du bras d’une petite fille un tesson de bouteille. Ces quelques étés m’ont marquée. Et j’ai voulu rendre cette atmosphère dans le roman.
Les peines d’amitié
Les amitiés de jeunesse peuvent être vraiment intenses. J’ai voulu parler de la force de ce lien et de la souffrance qu’une rupture d’amitié peut causer. J’ai eu une meilleure amie de l’âge préscolaire jusqu’à mes seize ans, avec qui je faisais tout et à qui je parlais tous les jours. Quand ce lien s’est rompu, j’en ai beaucoup souffert.
Les traumas d’adolescence
Je crois que souvent, à l’adolescence, on se retrouve dans des situations qui nous marqueront dans notre vie adulte et avec lesquelles on devra apprendre à vivre. Amour, mon personnage, s’est rendu à une fête avec des amies qui repartent sans elle, la laissant complètement vulnérable, et le pire arrive.
Piscine Versailles c’est…
ma première peine d’amitié et mes dernières années à Longueuil. C’est ce que la poésie a réparé dans ma vie d’ado. Parce qu’être ado c’est dur par bout, alors on a besoin de beauté, de musique, d’amitié, d’amour pour reprendre son souffle. Encore aujourd’hui, même si je ne slame plus, quand j’écris, il y a toujours la sonorité du rap.
NOTICE BIOGRAPHIQUE
Julie Hétu, écrivaine, artiste et scénariste, présente, depuis 1998, des œuvres influencées par ses recherches en anthropologie sur les premières écritures. Son livre audio Baie Déception (2009) a été couronné par le Prix du public de l’association La plume de Paon ; son roman Mot, pour sa part, lui a valu d’être finaliste au prix ...

