À l’est de tout
RÉSUMÉ
S’offrir du temps – du temps pour s’attarder dans la perception de ce qui nous entoure, du temps pour y réfléchir –, est-ce un si grand luxe ? Pour mieux répondre, je poserais la question inverse : peut-on se priver du temps, si c’est ce qui permet de comprendre de quoi la vie est tissée ?
Sensible depuis toujours à l’appel du voyage, ayant longtemps mené une vie faite d’errance au gré de ses multiples appartenances, Martine Béland raconte, à travers les dix courts essais qui composent ce recueil, le lieu où elle décide de s’ancrer : l’Acadie néo-écossaise.
C’est tout un univers qui se révèle sur ces côtes changeantes : la faune, la flore, la puissance des éléments, la volonté d’exister au sein de l’immensité, la culture d’une « autre » Acadie faisant écho à celle d’Antonine Maillet. Avec humour et tendresse, l’autrice cultive un art de l’attention dont chacun des textes livre une partie de la méthode : il s’agit de « s’attarder dans la perception » (Valéry), d’observer les petits riens dont le quotidien est ponctué, de mesurer l’épaisseur du silence, d’écouter la voix du vent, de noter les mots et entendre les accents, comme si le réel était un immense livre qui nous faisait signe et ne demandait qu’à être déchiffré.
Tournée vers les êtres et les choses qui l’entourent et lui révèlent une partie d’elle-même, Béland s’interroge et explore tant les liens qui unissent l’espace et l’identité – Peut-on hériter d’une géographie ?, se demande-telle – que les voies secrètes par lesquelles le « je » trouve sa place dans un pays incertain et pourtant bien là, au seuil de l’infini, à l’est de tout.
NOTICE BIOGRAPHIQUE
Née à Ottawa, Martine Béland a vécu de nombreuses années en Ontario et au Québec avant de s’installer en Nouvelle-Écosse. Elle est titulaire de diplômes d’études supérieures en philosophie, en études allemandes et en études politiques. Elle a publié des ouvrages et des articles en philosophie et elle a traduit deux œuvres de Nietz...

